Baby Knows (Maceo Parker) : Live !
Maceo Parker est venu nous rendre visite à Paris hier soir (16 octobre 2007) à l'Olympia.
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Je n'ai pu résister à l'invitation au funk, et surtout à la promesse de passer 2 bonnes heures entre gens de bonne compagnie, pour entendre de la "real music with real musicians".
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Parce que Maceo Parker fait pas mal de reprises, il était quasiment garanti d'en avoir une de Prince. Elle s'est matérialisée, sans surprise, par une interprétation de Baby Knows (ce titre fait partie de sa setlist depuis des années).
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Cela n'a pas été le meilleur morceau de la soirée, mais parce que nous sommes sur un bog consacré à Prince, et pour ceux qui n'ont jamais entendu la version de Maceo Parker, je vous propose d'écouter ce que ça a donné.
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D'autant plus que cela me permettra de vous illustrer ce à quoi je fais référence quand je parle de phrasés à quel point ils varient d'un guitariste à un autre.
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Nous savons à quel point Prince peut se montrer virtuose, rapide et inventif lorsqu'il balance un solo.
Voici l'exemple d'un autre type de solo de guitare tout aussi original et appréciable, quoique radicalement différent.
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1m09 : Bruno, le guitariste de Maceo Parker entame sa partie endiablé. Point d'effets, les yeux rivés sur ses doigts agiles, je regarde le maître s'exécuter tout en ouvrant bien grand les oreilles. C'est très instructif et très étonnant : voilà quelqu'un dont la technique est parfaite, un guitariste rythmique émérite, et surtout qui à une manière de s'exprimer qui n'a rien à voir avec Prince.
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Pourtant c'est renversant.
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Plutôt que de faire des allez-retours, de blinder sa performance en slides, hammer-on et autre petites recettes repiquées des guitaristes hard-rock (qui font toujours impression sur le profane), Bruno impose un style mélodique et rythmé, très fourni, riche en tout points. Qui convainc par sa justesse tout autant que par sa qualité.
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Pourquoi ?
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Tout simplement pour commencer parce qu'il choisit de ne pas noyer son solo par des descentes et montées de gammes balancées à toute barzingue. Rapide, il sait aussi l'être par moments mais cela ne constitue pas le coeur de sa démonstration. Ne pas confondre quantité et qualité.
Ensuite parce que son ensemble s'articule en 4 parties distinctes qui s'accordent bien, tout en ayant chacune sa personalité. Elle prennent crescendo une place de plus en plus importante, jusqu'à ce que l'instrument se suffise à lui-même. Et s'impose comme une évidence. On n'a pas même remarqué qu'il (se) finissait tout seul.
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3m48 : Bruno vient d'aligner 2 minutes 40 non stop de solo, et c'est moi qui suis essouflée. :-)
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Expliquez-moi ce phénomène, docteur ?
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Tout l'intérêt d'un solo de guitare vient de plusieurs facteurs, mais avant tout du niveau de qualité de ses phrasés. Chaque guitariste possède ses propres phrasés, qui constituent, en un sens son language. Lorsqu'un musicien part en solo, selon la note du moment, il va sélectionner le ou les phrasés appropriés, les adapter, et les aligner.
En conséquence, la qualité d'un solo, d'une improvisation, dépendra donc toujours de :
- la qualité et l'originalité du/des phrasé(s)
- son/leur articulation avec les phrasés précédents et suivants
- la pertinence du choix du/des phrasés par rapport au morceau dans lequel on le place
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Le solo de Bruno, parce qu'il comporte des phrasés originaux et agréables, qui s'accordent bien ensemble tout autant qu'avec la tonalité de Baby Knows, est exceptionnel.
J'ai tout de suite entendu que j'avais affaire à un de ces moment ou ça part en live (le public d'ailleurs ne s'y trompe pas), mais je n'ai réalisé à quel point qu'en écoutant attentivement le titre en préparant mon article.
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C'est donc en insistant et en écoutant à votre tour ce titre en boucle que vous pourrez savourer la substantifique moelle de ces 5 minutes. Je vous conseille un minimum de 10 fois, ce qui ne sera pas de trop pour intégrer le petit effet déroutant de la première écoute.
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Pour ce faire, vous cliquerez ici !
Peace. BLR