The Word : review
Voilà je brouille les pistes, non je ne fais pas la chronique dans le sens des aiguilles de l'album. LOL
J'ai fini par acheter 3 versions CD (france, US et japon) pour ma collection (les voir dans la gallery Records). Découverte du livret (c'est quoi ça ?). Je reviendrai plus tard sur le contenu pictural qui mérite à lui seul une analyse.
Relecture des paroles : notre transcripteur avait loupé quelques mots essentiels.
The Word : stupéfaction. C'est de la bigoterie.
Je passe, puis le lendemain matin, non pas moyen. Je commence cette chronique puis redonne une chance au titre, une semaine, allez...
Rien à faire. Ça ne passe pas.
Tout mon être m'oblige à écrire un décryptage. Une vérité alternative.
Une réponse à un texte prosélytique à souhait, mais suffisament vague pour passer pour tout autre.
Je n'y vois qu'une image : 2h du mat, Prince qui sonne chez le voisin pour parler de Jésus.
The Word invite. Mais à quoi exactement ?
Quelle bonne parole (traduction exacte de "The Word" - et non pas "le mot") justifierait qu'on se lève en pleine nuit pour aller la porter au commun ?
Libé nous a dit : "ce CD montre le grand petit homme façonnant toujours sans effort apparent d'accrocheuses chansons pop sous influence r'n'b et funk, mais exprimant désormais sa spiritualité actuelle en lieu et place de la provoc sexuelle et subversive qu'il exhibait avec flamboyance dans les années 80" comme un genre de regret, puis nous décrit The Word comme un des réussites de l'album : "Les meilleures chansons de l'album se pointent vers la fin: le très funk/trip-hop The World...".
Alors je dis non.
On ne peut pas taxer The World de trip/hop, Massive Attack va nous en faire une jaunisse. Car enfin qu'est-ce The Word sinon un mid-tempo typiquement Princière qu'on pourrait croire directement sorti des outtakes d'Emancipation ? Ecoutez la ligne de guitare à la fin, écoutez les arrangements synthé, tout sonne si vieux quand on connait ses albums sur le bout des doigts.
Soyons sérieux.
Je trouve pour ma part ce morceau easy listening très baclé au regard de ce que Prince sait faire en matière de production. Rien n'est inventif, pas même le phrasé guitare.
Encore, nous aurions pu au moins être sauvés par les paroles, et cette rengaine accrocheuse "Get up, Come on let's do something" et prometeuse. Hélàs !
Nous voilà cordialement invités à repandre la bonne parole...
Vous ne sautez pas de joie ? Attendez la suite...
Reprenons depuis le début :
"What is this new xhaltation That eye just can?t explain? What r these new inspirations That eye can?t get out my brain? How am eye gonna sleep with this feeling Rushing all through my veins?"
Mystisisme relativement obtus, mais dont nous avons plutôt l'habitude, Prince ayant maintes fois répété qu'il estimait son don musical issu de Dieu, donc la force supérieure inexpliquée que l'on nous décrit ici. L'inspiration et l'envie de faire "Get up, come on let's do something" sont les conséquences directes de la question à laquelle Prince a répondu depuis qu'il s'est décidé à faire de la musique sa vie.
Mais hélàs, là n'est pas du tout le sujet, cette nouvelle inspiration qui le hante l'empèche de dormir et le pousse à se lever d'où "Get up" afin de sauver son âme ("Don't U Wanna go get saved?").
Voilà le ton donné, le deuxième couplet ne nous emène guère plus loin :
"The night is calling u 2 act, Act upon every urge. U can't get no satisfaction, If u ain't got the courage.
Eye don't know what u're afraid of, Eye don't know what u've heard."
Sinon à une discussion avec un alter-ego suspicieux du bien fondé de la démarche : Prince exprime ses propres doutes. Nous ne sommes pas plus avancés.
"Get up, come on let's do something, Don't u wanna know the word?"
Le mot est laché, "ne souhaites-tu pas entendre la bonne parole ?" est la traduction la plus appropriée.
"Who's gonna save us when them spiders get next 2 u? Spinning their sticky legs around what u do. We gotta safeguard against 4ked tongue and the treachery of the wicked 1"
Vous je ne sais pas, mais moi cette littérature me fait froid dans le dos, Prince compte t'il réèllement se protéger de ces "dangers" avec la religion ? Et quels sont ces dangers, c'est là que je suis le plus génée, si encore nous avions du concret, une rétorique solide, un ennemi désigné. Mais non, c'est tout et n'importe quoi. Et surtout de larges références à des périls ancestraux, un danger identifié : devil/hell etc...
"Get up, come on let's do something,
Don't matter how far u have 2, The truth has got to be told. Don't matter how shiny ur lips, They'll never b streets of gold. They might try 2 get us crazy, Cuz they don't know what eye've heard.
We got this new xhaltation, Eye'm talking about the word."
Voici en quelques lignes une jolie profession de foi, et nous serons très contents pour Prince, mais avouez que nous, ça nous fait une belle jambe parce qu'on connaissait déjà l'étendue et la nature de ses croyances. Et c'est là que je mets le doigt sur ce qui ne va pas : soit il est Témoin de Jéhovah, soit si cela lui chante d'aller déranger le peuple à des heures indues pour parler de Jésus. Après tout ça le regarde et tant que ça ne pollue pas la musique, nous n'avons rien à en dire.
Mais fourrer ses albums de bondieuseries, profiter de sa notoriété pour vendre sa soupe, je dis : sans moi.
Et en réponse je publie cette chanson oh combien plus percutante sur le sujet de Depeche Mode en 1988 et j'accuse :
Sacred
Sacred, Holy, To put it in words, To write it down
That is walking on hallowed ground
But it's my duty, I'm a missionary
So here is my confession, It's an obsession
I'm a firm believer, And a warm receiver
And I've made my decision, This is religion
There's no doubt, I'm one of the devout
Trying to sell the story, Of love's eternal glory
Spreading the news around the world, Taking the word to boys and girls
I'm a firm believer, And a warm receiver
And I will go down on my knees, When I see beauty
There's no doubt, I'm one of the devout
Trying to sell the story, Of love's eternal glory
Ne trouvez-vous pas d'un coup cette chanson terriblement prémonitoire ? Cela m'a frappé. Depeche Mode a toujours été peu ou prou anti-clérical (voire Blasphemous Rumors entre autre).
On ne peut pas tout faire au nom de Dieu, la base des fams de Prince ne constitue pas un vivier d'âmes potentiellement convertissables, qu'on se le dise.
Conclusion :
The Word : au placard avec Beautiful Loved & Blessed : c'est mou come de la guimauve, c'est collant comme une mouche à merde, et en plus vous savez quoi ? C'est chiant.
Assez !
Donnez-moi de la sueur, des cris, des larmes, de la baise... Les bons sentiments m'ont toujours fait gerber.
Peace & B Wild - bhanlarouge
p.s. : je reconnais suite à vos commentaires que je n'y ai pas été molo et que ma chronique est saignante. je n'y retrancherai rien car ce qui est fait est fait, on ne triche pas ici. Eventuelement j'essayerai d'être un peu plus locace sur le contenu musical, qui effectivement n'a pas eu un nombre de lignes équivalent au décryptage des paroles. Notamment je tenterai d'expliquer ce qui me pousse à trouver ce fameux contenu musical moyen au regard des autres compositions de l'album. pabw BLR