Planet Earth : décodé.

Publié le par bhanlarouge

Je m'explique.

Parce que ça m'a frappé tout à l'heure dans le métro, et en rentrant j'ai commencé à écrire et vérifier ma théorie. Et depuis que j'ai commencé tout s'emboite, tout s'explique, d'une manière tout à fait impressionante.

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Reprenons dès le début, et relisons ensemble les paroles des chansons.

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Ce qui m'a frappé ce soir, c'est cette succession de titres qui s'adressent à priori à la gent féminine. J'y ai d'abord vu une explication de l'animosité de certains, et de la déception des autres : l'album ne s'adresse pas à eux. Enfin si, mais son but est tout autre.

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Planet Earth, l'album, nous raconte une histoire que nous pourrons, par transposition, attribuer à Prince.  Les  avis divergeront, selon qu'on pensera qu'elle sera rêvée ou réèlle.

Nous rentrons dans ce conte avec le titre, "Planet Earth", qui a une signification propre et ne se trouve pas en "first track" par hasard.

Mais nous y reviendrons plus tard, plongeons-nous ensemble immédiatement dans le récit.

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Guitar
C'est la frustration d'un homme qui, déçu un jour par l'attitude de son amie :

"gettin' dirty at the club again",
"U couldn't do it all by urself, U had 2 go and get somebody else".

Décide de la quitter.

Une fois de plus, une fois de trop. Parce qu'il ne veut pas s'avouer "cocu", il la joue détaché, avec cet humour qu'on lui connait si bien : "Ah ouaih, pas grave tu sais, je t'aime bien mais pas comme je kiffe ma guitare".

Il règle ses comptes : "U'r high enough 2 call but cha can't reach the bar".

Elle n'est plus l'étoile qui brille dans ses yeux, à vouloir jouer les grandes, elle a brulé ses chances : "eye tried 2 warn ya that it's hard 2 be a star, especially when u'r drivin other people's cars, eye would've given ya mine, but u took it 2 far".

C'est fini, même pas un mot d'adieu, mais je te souhaite bonne chance : "eye love u baby, and eye wish u well, eye'll write a letter when eye learn how 2 spell".

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Somewhere Here On Earth
Le voilà célibataire. Ça dure, ça lui pèse. Il fantasme son idéal et dédramatise. Il ne restera pas éternellement seul, elle existe, il sait même à quoi elle ressemble.

"I know U're out there, I can feel Ur eyes on me, Seen that face a 1000 times, If only in my dreams".

Même si pour l'instant ils ne se sont pas rencontrés il sait que de son coté, elle aussi rêve de lui.

"I know U really want me, I can feel Ur hands on me".

Elle est quelque part sur Terre, elle se rapproche, ça tombe bien, il est libre.
"U're somewhere here on Earth", "I can feel U getting closer 2 me, I'm just wondering what U're waiting 4, U know I am free".

Ce titre est une progression vers la date de leur rencontre, et sans mentir un monument, qui s'intègre dans le récit et le fait progresser de manière très subtile.

Je suis bluffée.

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The One U Wanna C
Les rêves c'est bien beau mais la réalité rattrappe notre héro. Celle qui est moins reluisante. Fini les rencontres utopiques, le quotidien lui claque au visage.

La triste réalité. Il est toujours seul, et supporte mal ce fait. Alors il sort. Et dans ce club il voit cette belle fille qui lu plait.

Marre d'être seul, envie de baiser. Il tente sa chance.

Sans perdre de temps ("I came like thunder to tell U"), il va droit au fait et joue son va tout : "So let me make this fast : I got a lotta money, (...) I like pretty thangs, U're just as pretty as U can be, so if U ain't busy later and U want some company...".

C'est un peu désespéré comme approche, mais ça a le mérite d'être clair et honnête.

D'ailleurs à mieux y regarder, aux alentours il n'y a plus que lui de valable (c'est les soldes - LOL).
"Tu veux pas ces loosers chéries, c'est moi que tu veux".

"Look around U baby (...) every nickle in this club lookin 4 a dime"

Presque à ce demander s'il n'aborde pas une pute de luxe, ou alors elle est avec un autre vieux (et il tente de se l'approprier) :

"U don't need 2 fix ur hair, 4 somebody U don't care 4, I know U ain't a concubine, I know U ain't a 1 nite stand".

Gonflé, mais avec certaines femme, ça marche ce genre de technique.
La preuve.

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Future Baby Mama
Après avoir consommé, notre homme, charmé, a envie de prolonger l'experience. Pour qu'elle ait envie de remmettre le couvert il se fait tout miel et change de tactique.

Le plan romantique, ça marche avec les femmes. Alors il y va.

Ayant mauvaise réputation ("I’ve heard it said that I won’t treat U right"), il lui glisse un compliment qui en même temps, doit la séduire et la rassurer : "I’ve heard it said my lovers look alike, could it be that I was looking 4 U, they were cool but something wasn’t right, they had me fooled 4 a minute and then I saw the truth".

Parce qu'il évoque son passé, il précise : toutes ses ex n'ont pas su le garder car elles n'avaient pas sa volonté mais il est certain qu'elle saura y faire :

"None of them got what it takes, 2 B a future baby mama, gotta bend in the wind, but don’t break 2 keep your man".

Comme au temps de chaque nouvelle rencontre, c'est l'heure des promesses et il n'en est pas avare.

"I want to make you happy, baby, happier than happy itself, (...) if you’ll ever need a hand, call me I’ll help, ‘Cuz I'll got U, anywhere U wanna go, Paris, London, Africa, San Lucas Mexico".

Bien entendu, il est le candidat idéal, et elle doit s'en persuader.

- Celui sur lequel on peut compter :
"A strong foundation that last forever more",

- Celui qui la respectera :
"U’re too secure to ever want to fuss and fight, that’s why Ur man never ever got a reason 2 doubt U",

- Celui qui rendra jalouse toutes ses copines :
"You want your girlfriends to hate U 'Cuz they can't get Ur man".

Et si ces mots doux ne lui suffisent pas, il a d'autres atouts dans sa botte.

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Mr Goodnight
Garder une femme désirée n'est pas chose aisée, et ce titre le prouve.

Voilà, ils se voient, mais il reste de la conccurence. Alors il donne dans la surrenchère.

Cela peut sembler quelque peu pitoyable de la part d'un quinquagénère, mais cela devient tout à fait compréhensible quand on calcule le genre d'écart d'âge que Prince a avec les femmes avec lesquelles il aime sortir.

Il ne fait guère dans la dentelle, on ne n'écrit pas 2 fois un "Gett Off" dans une vie. C'est sans doute là un de mes grands regrets.

Tout le titre est tourné vers le coté charnel, dans un style que nous ne connaissons que trop bien, du mec sur de lui et de ses performances (se repasser "Mr. Happy" pour comprendre pourquoi ce titre est une redite à tous points de vue).

Tout en évoquant sa réputation (bien réelle) d'homme toujours entouré de canons en toute circonstances, il se sert de cette image pour asseoir son propos : 

"Surely the dandies that escort U places imparted a rumour or 2 about the parade of lovely faces that follow me".

Avec lui ("Mr Goodnight"), elle passera une chaude nuit d'enfer :

- "he'll make U feel alright, make U throw Ur head back and holla so nice",

- "A slip O' me with no rest, acapella moans and a break of sighs".

Il lui promet en sus un luxe incomparable :

- "A limousine about 2 pick U up and then took U 2 a private jet",

- "U'll be taken to a suite that will rock all Ur wildest dreams"

Et n'oublie pas au passage de lui assurer qu'à son bras elle sera toujours à son avantage :

- "U get a call from me, tell me which dress U chose so I can put on, put on my matching suit".

Il est de toute façon un parti convenable ("I got a mind full of good intentions") qui saura en temps utile faire monter la température ("We can watch 'Chocolat' on the big screen before we convene in the pool").

Je salue au passage ce clin d'oeil à un film français, on est un peu dans la vision éculée du French Lover, mais comme c'est pour la bonne cause, on passera l'éponge.

Après un dernier effort désespéré "Je t'aime, je ne veux que toi, appelle-moi", pour la faire choisir à nouveau l'option Prince, on supposera qu'elle a succombé.

Puisque le lendemain...

 

All The Midnights In The World
Si l'on ne change pas de thème, on change de registre, et voilà une évolution de plus dans notre histoire.

Ça se passe bien entre eux. Si bien qu'il en idéalise l'image, car lui et elle sont si parfaits, que le fait qu'ils se mettent ensemble rend jaloux tout leurs prétendant(es).

Mais pas seulement :

"Because I turned my eye toward U, because I seek your hand, every other woman envies U, and me, every other man. A massive circle of jealousy is coming round again, those prickly fingered scallywags that masquerade as friends".

On retrouve là une note quelque peu amère sur les bons vieux potes qui déçoivent, thème déjà abordé (avec largement plus d'inspiration) dans "Old friend 4 sale".

Parce qu'il veut cette vie révée pour eux deux, il se lance dans une nouvelle série de promesses de lendemains qui chantent ("A wonderful life, the 2 of us shall lead").

Et conclue en s'engageant un peu plus envers elle "je veux passer tous les matins du monde avec toi".
On l'aura compris, il est tombé amoureux.

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Chelsea Rodgers
C'est elle. Oui, c'est confirmé. Ce titre sonne comme un aveu, celui qu'il fait à ses proches. 

Vous remarquerez que contrairement aux chansons précédentes, Prince s'adresse à "You" pluriel (un groupe), au lieu de chanter pour "You" singulier (une femme).

Quand on comprend que c'est du sérieux, on envisage de présenter l'élue de son coeur à ceux qu'on aime et qui nous aiment. Ceux là se montrent, parce qu'ils nous aiment, souvent dubitatifs. N'en ont-il pas vu passer des tas avant elle ? Qu'est-ce qui la différencie ?

C'est à cette tâche de promotion qu'il s'atèle ici. Il s'agit bel et bien de leur "vendre" sa nouvelle copine.

Il leur explique qui elle est ("Used to be a role model"), d'où elle vient, ce qu'elle aime comme musique (Jimi Hendrix), ce qu'elle est.

Non avare en superlatifs, cette femme est (sans surprise) cool, merveilleuse, intelligente, bien roulée :

- "No cut diamonds, and designer shoes, 'cuz she's too original from her head down to her feet"

- "got butt like a leather seat"

- "Chelsea read more books than a few"

- "If the party's fly, my girl is there"

Coup de chance elle est végétarienne aussi.
"Voilà", semble t'il leur dire, "c'est elle. Je la kiffe".

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Lion Of Judah
Nous passons un cap supplémentaire, et d'importance.

Car le temps a passé et c'est désormais du super solide. A un point tel qu'il est décidé, il y a longuement réfléchi, il va se déclarer :

"Thinking about the words that I can use 2 get this through 2 U".

Il subsiste en lui quelques doutes néanmoins ("I'm still not sure that U really love me") dictés par son manque d'assurance, bien que leur entourage, ayant compris avant eux, n'attend plus qu'ils fassent leur annonce ("Everyone expects this outcome") de mariage.

Car c'est bien de cela qu'il s'agit, d'un 3ème engagement (mais cette fois-ci, le bon), évoqué très clairement dans ces lignes :

"There was 1 who would stand by my side through the good and the bad,
let that 1 stand with pride, the best that I ever had"

Puis, se questionnant sur sa réacton à elle ("Wondering how U'll feel when U find out how much I really care"), il fantasme le moment où il mettra le pied en terre et rêve d'une réaction qui lui semble idéale en une telle cirdconstance :

- "Hoping that the tears roll down Ur face".

Un passage musical que j'apprécie par ailleurs tout particulièrement.

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Le récit se termine ainsi, en point d'interrogation. Car au-delà de ce chapître, l'histoire reste encore à être écrite. Jusqu'à preuve du contraire Prince ne s'est pas encore remarié, bien qu'il ait fait une allusion à une possible future union au court d'un concert à Las Vegas en novembre 2006.

Dans des termes certes différents, mais néanmoins limpides, il était question d'un baiser qu'elle lui a donné en lui offrant une bague.

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Revenons à nos moutons : que faire alors dans ce scénario de "Planet Earth" et "Resolution" ?

Ne pouvant penser qu'une telle suite logique ne pouvait s'encombrer de 2 titres supplémentaires sans aucun rapport avec la trame, je retournais à mes réflections.

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Je faisais 2 constats :
1/ "Planet Earth" et "Resolution" ouvrent et ferment le disque.
2/ La problématique soulevée est relativement similaire dans les 2 titres.

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Refusant d'attribuer cela au hazard, me frappant sur le front, je compris pourquoi.

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Dans tout conte, il y a un début, et une fin.

Voilà de quoi il s'agit, on l'appellera placer le récit dans son contexte.

N'importe quel roman est construit comme ça, on décrit d'abord l'environnement, puis les personages (ou l'inverse) afin que le lecteur puisse glisser doucement dans cet ailleurs et se laisser emporter par le fil de l'histoire.

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Planet Earth
Voilà une manière assez habile de planter le décor : comme un clin d'oeil au sempiternel "il était une fois" le premier mot de la première ligne invite l'auditeur à quitter sa réalité pour se plonger dans celle qu'on a écrit pour lui.

En toute logique, ce mot est "Imagine".

Hors il ne s'agit point d'un monde d'utopie : parce qu'il veut accentuer le contraste entre la réalité d'un monde cruel et la beauté de ce qui lui arrive, il dépeint notre planète telle qu'elle nous est régulièrement décrite dans les médias.

Un point important, comme un prélude : "attention, ce qui suit se passe aujourd'hui, dans ce monde là".

C'est un poil manichéen, comme description, et comme je l'ai évoqué il y a quelques jours tout aussi gonflé qu'hypocrite : on continue de se promener allègrement en limousine et en jet privé dans le monde de Prince (relire "Mr Goodnight"), pour la cohérence du propos on repassera.

Une précision, comme presque un regret, mais c'est tout à fait personnel : j'aurai largement préféré un monde imaginaire, comme ceux évoqués dans "Mountains" ou "The Ladder". Et c'est une de mes grosses critiques : on reste au fil de l'album, même s'il reste intéressant sous cet angle, très terre à terre.

Certes ce titre lui permet de faire passer un message très "dans l'air du temps" mais je doute qu'il n'ait jamais l'impact qu'a eu le juste "Sign O The Times" il y a déjà 20 ans.

C'est aussi pour cela que je n'ai aucun mal à le sortir de son contexte premier et à l'assembler au récit. Ça m'arrange bien.

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Si "Planet Earth" fait double emploi, qu'en est-il de "Resolution" et comment ce titre peut-il s'inscrire dans le projet ?

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Resolution
Boucle la boucle.

Et pendant tout le temps qu'on s'est aimé, que s'est-il passé ? : Rien, ou pareil ou pire.

Mais surtout pas ce qui avait été souhaité à la dernière ligne de "Planet Earth" :

"Peace right now and forever more".

De retour dans la réalité, "Resolution" reprend le propos là où on l'avait laissé.

Guerres, trahisons, pollution.
Un constat très amer.

Et parce qu'une histoire peut/doit toujours bien finir, une proposition, qui constitue une constante chez Prince depuis maintenant des décénies.

Son espoir d'une autre voie, évident, tellement trop absente de notre actualité qu'il fait bon se remémorer qu'il y a une alternative à la haine.

Pour finir, et parce qu'en conclusion d'une Love story, on ne pouvait évoquer que ça.

Il nous invite à recourir à ce remède si puissant :

"Love is like a circle, no beginning and no end
A broken heart will mend if U love it like Ur best friend
Handle Ur heart with care it's as delicate as a wing"

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Voilà.

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Ça a été un boulot de plus de 8 heures pour coucher tout cela sur le papier, relire, corriger, publier.

Plus j'ai avancé et moins je n'ai eu de doutes.

Je ne pourrai désormais écouter l'album autrement que par ce prisme, parce que c'est ce soir ma profonde conviction.

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- Je voulais un album concept, je l'ai tant attendu : le voilà.
- Je rêvais d'un album plus léger qui se promène à nouveau sur des sonorités pop : je l'ai.
- J'avais envie de moins de production et de plus d'autenticité dans le mix : c'est fait.

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A aucun moment je n'ai imaginé que cet album pourrait me scotcher à ce point, encore moins que j'y trouverai un sens. Comme beaucoup d'entre vous, les premières écoutes m'ont laissé pleine de doutes.

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Mais désormais, je ne trouve plus aucun anachronisme, tout est en place et l'est parce que Planet Earth n'a qu'un seul but et a été assemblé pour le servir.

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Et c'est peut-être pour cela que Prince ne rencontre(ra) pas l'enthousiasme habituel de certains de ses plus grand fans. Le contenu prime sur le contenant, et c'est une évidence sonore cuisante comme un soufflet, décevante par le manque d'ambition affiché des compositions.

Ou comment avec un potentiel sublime, on rate quelque part une marche, on ne s'applique pas assez sur soit les instruments, soit les arrangements.

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Le contenu musical, sans prétention, à le bonheur de me plaire. Mais il me semble évident que l'on n'est pas en présence d'un grand album mémorable, qui rivalise avec les productions des années 80. Loin s'en faut.

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De plus, en relisant chaque chanson, afin de vérifier que mon propos ne dépassait pas le sujet, une nouvelle idée s'est imposée à moi :

Que ce soit Chelsea Rodgers, ou une autre, j'ai la ferme conviction que cet album n'était de toute façon pas pour nous. Nous ne sommes qu'un pretexte, parce que pour conter un récit, il faut bien un public, pour crier son bonheur, il faut bien un monde à l'écoute.

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Planet Earth est pour "elle".

Au même titre que l'album "O(+>" ou le titre "Friend, Lover, Sister, Mother/Wife" le furent pour Mayte.

Dès lors je ne suis plus guère étonnée d'entendre les commentaires d'un grand nombre d'entre vous qui ressemble parfois curieusement à certains entendu en leur temps sur le CD2 d'Emancipation.

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Peu importera à Prince ce que ses fidèles admirateurs en penseront, et encore moins le chalant lambda. C'est, comme je l'évoquais l'autre jour, le seul album qu'il puisse produire à l'heure actuelle et, ajouterais-je, dans son état. :-)

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Ne doutons pas un instant d'une quelconque malhonneteté dans ce disque.

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Incorrigible quand il s'agit de se mettre en scène il n'a pas lésiné sur les images : ça dégouline de perfectitude à un point tel qu'on est en droit de se demander si ce n'est pas juste "dans sa tête", un énième fantasme servant à des fins mercantiles.

C'est sûr que pour aimer Planet Earth, c'est vrai, il faudra chérir les vies alternatives que l'on s'invente pour supporter sa solitude. Des vies construites artificiellement pour le plaisir, que l'on ne trouve pas/plus dans son quotidien. La perfection y fait loi, et l'on sort toujours vainqueur des épreuves, l'être aimé béant d'admiration devant un être si complet (malgré ses nombreux défauts).

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C'est aussi une des raisons pour lesquelles cet album me plait. Je fais partie des gens qui planent toujours entre 2 ou 3 mondes, entre Prince, ma réalité et celle des livres d'Héroic Fantasy que je lis (Robin Hobb here I come).

Peu m'importe finalement la qualité intrinsèque du contenu sonore, j'ai déjà plaqué mes propres visualistations au récit, imaginé tout ce qui n'a pas été énoncé clairement, et étoffé les personnages avec une ou deux recette personnelles.

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Cetaines tournures de phrases sont déjà scotchées, indélibiles dans mon cerveau, tel ce "Hoping that the tears roll down Ur face" qui me hante depuis au moins 3 longues heures.

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Je n'attends pas que chacun se range à mon avis, je sais bien que je vais avoir droit à des réflections du type "c'est tiré par les cheveux", "j'y crois pas", "ça change rien la musique est naze".

Mais pour moi justement, ça change tout.

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Planet Earth n'est pas le génialissime album qui mettra tout le monde d'accord sur Prince, on l'a compris. Mais il n'est pas non plus dans la discographie qu'un vulgaire petit album sans prétention.

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Et plus rien ni personne ne pourra me faire changer d'avis là-dessus.

 

Peace & B Loved. BLR

 

Publié dans Albums

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Izabel 30/09/2007 23:22

Hi, suis surprise de voir comme ton analyse est VRAIE !!!. J'avais le ressenti et tu as su décoder cet album. Tes mots sont justes et je vois à quel point tu connais notre homme mais à un détail près... C'est moi Chelsea !! Si, Si !!! Rendez-vous loupé mais je n'ai pas dit mon dernier mot...M'enfin, encore chapeau car vraiment tu assures !!! Continues !Bye, Take care !!!!

blue angel 12/09/2007 18:35

Superbe (et étonnante) analyse!!
J\\\'apprécie tout particulièrement ta conclusion sur les conditions optimales d\\\'appréciation de l\\\'oeuvre princière (les "vies alternatives). Celà me parle!!
Ton site regorge en plus d\\\'un réel mélange de passion et d\\\'analyse. Tu personnifie ma définition du vrai fan.
Bravo. Au plaisir de continuer à te lire.

Didier 01/08/2007 13:58

Chapeau bas M'dame, j'adore ces délires (car c'en est un) où l'esprit vagabonde et part explorer ce que beaucoup ne veulent pas voir, ne savent pas voir ou ne s'imaginent  même pas pouvoir voir. Car au final c'est pas si délirant que ça et perso je n'avais pas repéré cet angle d'attaque. Bizarrement (pourtant j'ai traduit toutes les chansons avec mes vieux souvenirs d'anglais et un peu de jugeote) le texte m'a moins interpellé que sur 3121. Mais ton postulat se tient !
Du reste, il n'y a pas de raison de ne s'intéresser qu'à la musique. Je crois que c'est un aspect qui focalise trop l'attention de beaucoup au détriment de ce qui fait, quand même, 50 % d'une oeuvre, et même si je sais que les dosages varient d'un titre à un autre. Peu importe, c'est jamais du 100 % d'un côté ou d'un autre. Je trouve dommage que l'on ne débatte pas plus (ailleurs hein...pas ici ! ) sur ses textes. Je suis sûr qu'il y met beaucoup de lui.
PS : Je t'envoie un mail pour une requête !

bhanlarouge 01/08/2007 22:19

Effectivement, et si j'avais tout à fait tord ? Prince n'a peut-être pas du tout pensé à cette approche, et je vais trop loin. J'y mets trop mes propres fantasmes concernant l'artiste...
Comme on entend souvent dans les films américains : but what if I'm right ?

candy raton 30/07/2007 00:39

Bhan...
Tu n'aurais pas un commentaire en réserve pour chaque album de Prince ? ;-)
Bravo pour ton talent, j'espère que tu bosses comme pigiste ou que plus largement tu écris en général, parce qu'on a plaisir à te lire.
A+
 

Kurx 28/07/2007 09:49

Salut Bhan,
je découvre seulement ton riche blog, après 29 de fanatisme princier... et, en bon novice que suis, j'ai besoin d'une petite aide : avec quoi puis-je lire les liens tékéchargeables que ti donnes (les extensions en .flac) ?
merci

bhanlarouge 28/07/2007 13:35

Et bien tu peux les lire tout simplement en utilisant Winamp sur ton ordinateur, il me semble que le codec .flac est inclus dedans. Sinon tu devrais la charger dans les plug-in...http://www.winamp.com/
Voilà un petit FAQ si tu souhaites aller plus loin :
QUE FAIRE POUR GRAVER DES FICHIERS .FLAC/.SHN/.APE ?
~ avec nero, procurez-vous les plugins à http://neroplugins.cd-rw.org/ et gravez directement votre CD audiodézippez les fichiers vers le dossier "shared\audioplugins" dans le dossier nerochemin classique : c\:program files\ahead (nero 5.5.9.0 et versions suivantes de 5.5)pour la version 6 le chemin est : c:\program files\common files\ahead\audioplugins. ~ lors de la gravure avec nero, n'oubliez pas de configurer la pause entre chaque titre à 0 secondes (sauf track 1).~ sans nero, téléchargez dbpoweramp (www.dbpoweramp.com) et les divers plugins qui vont avec afin de convertir vos fichiers.~ pour graver directement un CD, essayez burrn
pages web utiles:flac:   http://flac.sourceforge.netshn:    http://www.etree.org/shnamp.htmlape:    http://www.monkeysaudio.comburrn:  http://www.burrrn.net/?page_id=6